Le VIH/SIDA en Algérie

 

I.  Données épidémiologiques

 

L’information disponible montre que l’infection à VIH continue à se propager, depuis que le premier cas a été détecté en décembre 1985. Au 31 septembre 2006, le nombre cumulé de cas est de 2092 séropositifs (il était de 1317 au 31 décembre 2002) et de 740 cas de SIDA (il était de 571 au 31 décembre 2002).

L’adulte jeune, entre 25 et 39 ans, est le plus touché. Le sexe ratio qui était de 5,1 au début de l’épidémie, est passé à 1,01 aujourd’hui. La prévalence de l’infection à VIH était estimée par OMS/ ONUSIDA, à partir des données disponibles, à 0,1% en 2004.

 

La majorité des infections est due aux rapports sexuels non protégés. La consommation de drogues injectables semble être un facteur de risque de plus en plus important, bien que le nombre de cas enregistrés soit stationnaire depuis 2001. La transmission mère- enfant est en légère augmentation avec 9 nouveaux cas enregistrés entre le 1 janvier et le 31 septembre 2006. Avec l’institution du dépistage systématique du VIH chez les donneurs de sang, la transmission par voie sanguine est pratiquement enrayée.

 

En 2004, l’Algérie était classée parmi les pays à épidémie peu active. Actuellement, les données épidémiologiques peuvent appuyer l’hypothèse d’une épidémie concentrée dans certains groupes de population et dans certaines régions géographiques.

 

Ainsi près de 3% en 2000 et 4% en 2004 de l’ensemble des professionnelles du sexe dépistées, sont testées positives au VIH. Toutefois, la séropositivité dans cette population à risque n’est pas distribuée de manière homogène sur le territoire algérien. Une séroprévalence de 9% a été retrouvée en 2000, aussi bien qu’en 2004, parmi les professionnelles du sexe enquêtées à Tamanrasset. Une prévalence de 10% a été retrouvée dans la wilaya de Saida (dans l’Oranie) pour ce même groupe.

 

Au nord du pays, une enquête sur les connaissances des usagers problématiques de drogues  (qui incluait 50% de consommateurs de drogues injectables parmi les 285 participants) a révélé que 11% des personnes interrogées à Alger, ayant accès au dépistage, confirmaient être infectées par le VIH. Cette même enquête a démontré le lien entre l’usage problématique de drogues (UPD), les rapports sexuels rémunérés (44% des UPD enquêtés) et les rapports sexuels non protégés (61% des UPD).

 

Les patients qui se font traiter pour une IST constituent une population sentinelle, qui permet d’évaluer le taux d’infection chez les personnes ayant des rapports sexuels non protégés, avec des partenaires à haut risque. La distribution géographique de la prévalence des IST est confirmée par la surveillance sentinelle du VIH. Ainsi, 1,26% en 2000 et de 1,24% en 2004 des patients consultant pour des IST à Tamanrasset, étaient séropositifs au VIH. Cette prévalence est, comparativement, plus élevée que sur les autres sites sentinelles où elle est de moins de 1%.

 

Le groupe des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes demeure très mal connu. Cependant, les données de la notification du Laboratoire National de Référence montrent qu’ils représentent prés de 6,5% des sujets au stade SIDA et 2,2% des sujets séropositifs.

 

L’Algérie est particulièrement sensible au risque migratoire, en raison de sa situation géographique et de l’accroissement important des flux migratoires vers le nord, essentiellement clandestins, des populations sub-sahariennes. Les migrants sont des groupes à risques qui cumulent isolement, précarité et conditions de vie très précaires. Leur approche est difficile car leur situation irrégulière leur fait craindre d’être appréhendés et reconduits à la frontière. Leur profil, qui se dégage des enquêtes menées, montre en majorité des jeunes, entre 20 et 29 ans, de sexe masculin (seulement 20% de femmes), d’un niveau d’éducation élevé, puisque près de la moitié auraient dépassé le niveau du baccalauréat.

 

Les détenus représentent environ 40.000 personnes, jeunes, particulièrement vulnérables. L’enquête de 2005 a montré que 76 des 285 UPD enquêtés, ont séjourné en prison et, que parmi ces 76 incarcérés, 51 y ont consommé de la drogue, 7 l’ont injecté dont 3 ont partagé une seringue.

 

Ainsi, si les données ci-dessus citées étaient confirmées par des enquêtes de surveillance sentinelle à plus grande échelle, l’Algérie ferait probablement partie des pays à épidémie concentrée. L’infrastructure de surveillance épidémiologique par sites sentinelles n’est pas suffisante, actuellement, pour déterminer de manière fiable l’état de l’épidémie dans le pays. Des enquêtes, validant les données, devront confirmer ces prévalences élevées dans les deux groupes de population les plus à risques : les professionnelles du sexe et les consommateurs de drogues injectables.

 

La séroprévalence du VIH dans la population générale peut être appréciée à partir des résultats du dépistage du VIH parmi les dons du sang et chez les femmes fréquentant les services de soins prénatals. Chez ces dernières, la prévalence est de 0,1%. La ville de Tamanrasset présente le taux le plus élevé de séropositivité chez les femmes enceintes (0,7% en 2004 et 0,9% en 2000). Chez les donneurs de sang, la prévalence du VIH était de 0,01%, en 2002 et en 2004.

 

Les déterminants de la vulnérabilité restent toujours le travail du sexe multiforme, la faible utilisation du préservatif, la migration, la consommation de drogues injectables, la défaillance de l’hygiène hospitalière et les conditions socio-économiques précaires. Mais, les deux éléments structurels qui vont contribuer à l’accélération de la propagation de l’épidémie, sont un environnement socio-économique défavorable favorisant l’émergence des comportements à risques parmi les groupes de population en situation de vulnérabilité et la position géographique de l’Algérie à l’interface de deux continents particulièrement touchés (l’Europe méditerranéenne au nord et l’Afrique subsaharienne au sud).

  

2.   La réponse nationale

 

L’Algérie a adhéré à tous les engagements internationaux de lutte contre le SIDA. Son engagement au niveau national a permis la mise en oeuvre d’une politique cohérente de lutte contre les IST et le VIH/SIDA, qui s’intègre dans la volonté politique du gouvernement algérien de décentraliser le système national de santé.

 

La multisectorialité du CNLS constitue un atout et une force dans la lutte contre le VIH/SIDA, en permettant aux différents ministères et secteurs institutionnels (Education, Santé, Affaires religieuses, Défense nationale, Jeunesse et Sports, Justice, Travail, Emploi et Sécurité sociale, Solidarité nationale, Culture, Communication, Postes et Télécommunications, Transports, etc.) de jouer leurs rôles.

 

Ces deux dernières années ont vu une accélération des activités de prévention et d’information, d’éducation et de communication (IEC) des différents secteurs, grâce, surtout, au financement du Fonds Mondial. Ces actions ciblent les groupes vulnérables, plus particulièrement, les jeunes, les détenus, les enfants scolarisés et les femmes. Les secteurs de la communication (radio, télévision, presse) et des affaires religieuses sont impliqués dans le programme. Cependant, il conviendrait de standardiser les messages avec une réelle stratégie de communication.

 

La société civile de mieux en mieux organisée joue un rôle de plus en plus important, active et s’implique de plus en plus. Son rôle est d’autant plus important que ses actions sont complémentaires de celles des secteurs institutionnels  en particulier, pour toutes les actions de proximité auprès des groupes vulnérables.

 

Les acteurs, qu’ils soient institutionnels ou associatifs, ont amélioré leurs interventions de prise en charge thérapeutique et psychosociale auprès des personnes vivant avec le VIH (PVIH), qu’il s’agisse de ressortissants nationaux des plus démunis ou de personnes migrantes originaires des pays voisins d’Afrique subsaharienne. Malgré des avancées importantes en matière de traitement, il existe toujours des disparités régionales entre les centres de référence. Des pénuries en produits de santé restent, malheureusement, encore trop fréquentes. De plus, l’absence de stratégie de prise en charge psychosociale laisse  les PVIH démunies.

 

L’institutionnalisation, en cours, du CNLS devrait renforcer sa mission de planification et de coordination. Le Plan Stratégique National (PNS) 2002-2006 vient d’être évalué.  L’élaboration du PNS 2007-2011 en cours, avec le renforcement du système d’information est la prochaine étape prioritaire car l’Algérie ne dispose pas encore de données épidémiologiques et comportementales suffisantes ni d’indicateurs de ressources, de résultats et d’impact comparables dans le temps.

 

 

3.   Le Programme Commun du système des Nations Unies en appui à la réponse nationale au VIH/SIDA

 

En octobre 2007, Le Système des Nations Unies en Algérie a approuvé un Programme commun  en appui à la réponse nationale.  Le PNUD est un acteur important de ce programme, conformément à la division du travail retenue entre les agences. La formulation du Programme commun a suivi cinq principes directeurs :

A. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)

 

En septembre 2000, les Etats membres des Nations Unies se sont engagés autour de 8 objectifs de développement afin d’améliorer l’état des personnes, prioritairement dans les pays en voie de développement. Ces engagements, devant être atteints d’ici à 2015, intègrent un objectif spécifique pour le VIH/SIDA (OMD 6) pour Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies ; stopper et commencer à inverser la propagation du VIH. Au niveau pays, les OMD constituent le cadre d’orientation globale pour l’appui aux programmes de développement, y compris le VIH/SIDA qui sera suivi conformément aux indicateurs mondiaux.

 

B. La Déclaration d’engagement de la Session extraordinaire des Nations Unies sur le VIH/SIDA (UNGASS)

 

En juin 2001, les partenaires au développement et les Etats membres des Nations Unies se sont réunis pour une Session extraordinaire des Nations Unies sur le VIH/SIDA. Elle a abouti à une Déclaration d’engament de 189 Etats dont l’objectif est d’établir un cadre mondial de lutte contre le VIH/SIDA qui permettrait d’atteindre l’objectif 6 des OMD. L’Algérie a signé la déclaration de l’UNGASS et contribue à l’atteinte des objectifs mondiaux.

 

C. Le Plan Cadre des Nations Unies pour la Coopération au développement (UNDAF)

 

L’UNDAF se base sur les priorités nationales et les orientations du gouvernement algérien. Il constitue le cadre stratégique de la coopération entre les Nations Unies et l’Algérie pour la période de 2007 à 2011. Il définit quatre domaines de coopération ainsi que les résultats attendus de cette coopération. Les objectifs du présent Programme commun d’appui VIH/SIDA s’inscrivent dans le premier domaine de l’UNDAF « Développement humain » : L’accès de qualité à une santé, une éducation, une formation, une protection sociale et à un emploi, sera amélioré d’ici à 2001.

A cet effet, les Nations Unies appuieront le gouvernement et les partenaires pour atteindre les résultats suivants :

  1. Les connaissances des populations seront améliorées et les programmes nationaux de santé et de prévention seront renforcés, en matière d’organisation et de gestion, par des formations, de l’appui technique et la fourniture de services et d’équipements.

 

  1. Les capacités des institutions et des dispositifs de protection et de réinsertion sociale des groupes vulnérables, notamment les jeunes en difficulté et les PVIH, seront améliorées par des formations et des services.

 D. Les Trois Principes

 

Lors de la conférence internationale sur le SIDA et les IST en Afrique (ICASA), tenue à Nairobi, Kenya, en septembre 2003, les hauts responsables des organes de coordination nationale et des ministères concernés des pays africains, des principaux mécanismes de financement, des organismes bilatéraux et multilatéraux, des ONG et des représentants du secteur privé se sont réunis pour examiner les principes relatifs à la coordination à l’échelle nationale de la réponse au VIH/SIDA.

 

Ces principes ont pour rôle essentiel d’aider les pays à optimiser l’utilisation efficace et efficiente des ressources disponibles de manière à accélérer la réponse et à en améliorer la gestion basée sur des résultats, en reconnaissance des besoins urgents d’harmonisation et de collaboration, afin d’éviter la duplication des efforts et la dispersion des ressources financières.

 

En avril 2004, la consultation sur l’harmonisation du financement international de la lutte contre le SIDA qui rassemble les représentants de gouvernements, de donateurs, d’organisations internationales et de la société civile, a approuvé les Trois Principes définis par :

1. Un Cadre national commun de lutte contre le SIDA au sein duquel s’intègre la coordination des activités de tous les partenaires ;

 

2. Un Organisme national commun de coordination de la  réponse, à représentation large et multisectorielle, comprenant la société civile et le secteur privé, les organismes bilatéraux et les multilatéraux ;

 

3. Un Système commun de suivi et d’évaluation à l’échelon du pays.

 

E. L’initiative Accès Universel

 

Sur la base des engagements internationaux, adoptés lors du Sommet mondial de 2005 et du Sommet du G8 à Gleneagles, dans le but d’aider les pays à atteindre, le mieux possible d’ici à 2010, un accès, pour tous ceux qui en ont besoin, à la prévention, aux traitements, aux soins et à l’appui psychosocial, le Secrétariat de l’ONUSIDA et ses coparrains du système des Nations Unies faciliteront, au niveau des pays, les processus nationaux d’intensification des efforts pour atteindre l’Accès Universel.

 

S’appuyant sur la déclaration d’engagement de l’UNGASS, cet objectif d’Accès Universel se situe à mi-parcours des progrès réalisés au niveau des pays dans l’atteinte de l’objectif 6 des OMD. L’Algérie a réalisé sa consultation nationale relative à l’Accès Universel en avril 2006 avec l’appui de l’ONUSIDA.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Source: Institut Pasteur d’Algérie, Laboratoire national de référence pour le VIH/SIDA

 

 

 

Événements

 

30 Octobre 2007:

Le Forum des chefs d'entreprises se mobilise dans la lutte contre le VIH SIDA

 

29-31 Octobre 2007:

Soixante parlementaires de la région Arabe s’engagent à protéger les droits des personnes vivant avec le VIH-SIDA

 

Du 2 au 5 juillet 2007:

Séminaire régional HARPAS "Renforcer le rôle des leaders religieux en réponse au HIV-SIDA"

 

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Dernière mise à jour : Septembre 2007.
 
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