Discours du Président de l'Assemblée Populaire Nationale, M. Ould Khalifa

14 juin 2015


Le Parlement  Algérien organise cette conférence internationale en collaboration avec le ministère des affaires étrangères et le soutien des Nations Unies auxquels nous adressons nos vifs remerciements pour leur précieuse contribution; notre objectif à tous est de tirer profit de nos expériences , d’évaluer  les réalisations de la femme durant son long et rude combat contre  la discrimination et la marginalisation et contre toute forme de violence physique  et morale , de rechercher les meilleurs moyens de consolider sa participation dans la vie politique  dans nos pays et à travers toutes les tribunes qui rendraient effective sa participation dans la prise des décisions politiques, économiques, sociales, culturelles et sécuritaires ; et le Parlement est sans doute l’une de ces plus importantes tribunes.


Il nous est utile de partager  nos expériences et d’en tirer profit, dans un monde connexe et interdépendant, un monde  qui fait face à de nombreux défis et qui est confronté à  des crises multiformes dont les complications sont  souvent transnationales. A ce titre, la collaboration de tous est nécessaire afin de faire face aux défis du présent et gagner le pari d’un avenir meilleur pour nos sociétés, ce qui implique de nous appuyer sur les valeurs de la conscience humaine  dont les plus importantes sont l’égalité en droits et devoirs.


Il convient d’affirmer qu’il n’y a aucun obstacle qui justifie la limitation des droits de la femme ou qui légitime la discrimination ou l’inégalité avec l’homme dans les différents niveaux de la responsabilité. Il est malsain, voire inadmissible, que sa mission se confine aux affaires de la famille en fonction de la conception du partage des rôles qui veut que la place de la femme soit à la maison et que les autres missions reviennent à l’homme et à lui seul. Cette conception a tendance à  régresser à la faveur des luttes de la femme et des initiatives de dirigeants éclairés.


Je ne souhaite pas ici anticiper vos débats sur les voies par lesquelles la participation des femmes dans les assemblées élues  peut être effective et durable, notamment le renforcement et l’élargissement de sa participation dans les assemblées élues. Néanmoins, il s’agit d’un dialogue qui concerne les hommes et les femmes. Tout le monde est appelé à veiller à enraciner les valeurs de l’égalité, d’atténuer la discrimination et d’éliminer les écueils qui se dressent devant la femme au sein de toutes nos sociétés.


Afin de réaliser cet objectif à court et moyen terme, il faudrait intensifier les efforts à partir des axes suivants que je mentionnerai brièvement :


1-     Agir à la base, au sein même de la famille qui est le premier noyau à enclencher le processus de la socialisation ; c’est là où commence l’implantation des premières orientations de la discrimination ou de l’égalité entre les enfants, garçons et filles, puis viennent l’éducation et l’enseignement dans tous leurs paliers car l’ennemi premier de la femme est l’analphabétisme. Il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’en matière d’éducation et d’enseignement, la femme pourrait se voir remettre l’une des clés lui permettant de défendre ses droits, d’être promue politiquement et socialement et d’acquérir un espace de liberté individuelle au sein et en dehors de la famille.


2-     Réformer et consolider l’arsenal juridique avec, à sa tête, la loi fondamentale qui énonce, au titre de la citoyenneté, l’égalité entre femmes et hommes, en droits et en devoirs,  par des textes d’application qui n’admettent  aucune  interprétation.


3-     Mettre en place une stratégie à long terme, impliquant tous les médias,  destinée à toutes les franges de la société, qui a pour objectif de corriger les préjugés concernant la femme et certaines traditions qui empêchent la participation effective de la femme aux affaires de la société en ayant le souci de la protéger.


     4- Encourager  la femme, elle-même,  à participer pleinement dans la vie politique, à investir les différents grades de responsabilité et à s’engager dans les compétitions électorales pour avoir sa place au sein du Parlement et dans les assemblées élues ; ce qui lui permettra, en premier lieu de s’affirmer et ensuite d’investir le terrain afin de gagner la confiance de ceux qui l’ont élue, à l’instar de  son homologue élu, en prêtant une oreille attentive à ses électeurs et en répondant à leurs préoccupations.


Concernant l’expérience algérienne, les prémices de l’émancipation de la femme et de sa réussite à occuper des postes de haute responsabilité remontent aux temps les plus reculés. En effet, les femmes ont participé à la résistance face aux envahisseurs venus de tous horizons. Elles étaient, également, tel un bouclier qui a conduit les projets coloniaux à l’échec et parmi lesquelles figuraient des femmes aux commandes de la Résistance pendant de longues années. Elles ont également combattu aux rangs de l’Armée de Libération, comptant parmi elles des chahidate et des moudjahidate qui ont brandi, avec fierté, l’étendard de la liberté ; quelques-unes d’entre elles sont présentes dans cette salle. Elles ont poursuivi leur action dans l’édification des institutions de l’Etat avec dévouement, affronté le terrorisme avec bravoure, et se sont sacrifiées pour sauver l’Algérie de l’intégrisme, ce phénomène étranger à notre religion qu’est l’Islam.


L’Algérie a accordé, depuis l’Indépendance la priorité aux secteurs de l’éducation et de la formation, considéré comme la locomotive du développement. La femme, tant citadine que rurale, a bénéficié de cet intérêt. Afin que cet investissement profite à la société, le législateur algérien a prévu, depuis 1962, plusieurs procédures visant à intégrer la femme dans la vie active et ce, sans omettre son rôle vital au sein de la famille, à travers l’adaptation des conditions de travail aux besoins de la femme, et l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes occupant les mêmes fonctions.


 


La femme a réalisé, durant les dernières années, des acquis importants, grâce à la volonté politique de Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika qui a personnellement veillé à valoriser le rôle de la femme lui  permettant, ainsi d’accéder  aux différents postes de responsabilité ; ce qui est un exploit  inégalé pour la femme dans notre pays. 


Je ne voudrais pas vous importuner par les chiffres et les taux qui illustrent la présence et la participation de la femme dans la vie active et dans les cercles de décisions au sein des institutions de l’Etat ; je tiens seulement à mentionner que la femme est largement représentée  au niveau des secteurs les plus importants, tels que la santé, l’éducation et la presse ; certaines d’entre elles sont à la tête d’établissements éducatifs et d’information. Dans ce contexte, je tiens également à mentionner que le nombre d’étudiantes au sein des universités est très important et ne cesse d’augmenter d’année en année, les candidates filles au baccalauréat 2015 est de plus 60% et la loi Algérienne punit ceux qui empêche leurs filles d'aller à l'école.


         La femme a également accédé à des postes stratégiques au niveau de certains s ministères  et dans le corps des magistrats ; elle a également occupé des fonctions supérieures. Certaines  femmes occupent de hauts postes diplomatiques  et d’autres sont  ambassadrices, wali, présidente du Conseil de l’Etat, rectrices, vice-présidentes au Parlement, présidentes de partis politiques et candidates aux présidentielles.  


         La femme ne s’est pas contentée de la réussite dans la vie civile, elle a investi des métiers et des responsabilités qui étaient, jusque-là, réservés uniquement aux hommes ; elle contribue aujourd’hui dans les structures opérationnelles de l’Armée Nationale Populaire et elle est au commandement aux grades de colonel et de général. Elle a également marqué de sa présence la gendarmerie, la protection civile et la sûreté nationale.  


Ce rapide progrès que l’Algérie  a réalisé durant la dernière décennie est le fruit de la révision constitutionnelle approuvée par le Parlement en 2008, consacrée par  la loi organique visant l’élargissement des chances de la femme au sein des assemblées élues promulguée au mois de janvier 2012. Notre Constitution vise à consolider l’Etat de droit et d’égalité entre tous les citoyens en matière de droits et devoirs. Dans ce sillage, la loi organique  fait obligationaux partis politiques de consacrer aux femmes un taux qui ne doit pas être inférieur au tiers dans leurs listes de candidature et ce, dans le cadre d’une compétition ouverte, sans discrimination aucune.


Ces mesures  législatives  ont permis l’accroissement du taux de représentation de la femme aux  élections législatives tenues au mois de mai 2012 qui ont atteint 487%  à  l’Assemblée Populaire Nationale, passant ainsi  de 30 sièges, soit 7.7% ,  durant la précédente législature,  à 146 sièges dans  l’actuelle législature, soit  31.60% , au niveau de la  deuxième Chambre ; le taux de femmes élues dans les assemblées locales a également augmenté, passant de 0.58% en 1997 à 18% en 2012.


Ces exploits réalisés, grâce à la volonté politique de son Excellence, Monsieur le Président de la République, et aux combats incessants de la femme, ont permis à cette dernière d’acquérir une place très importante dans le monde arabe et dans beaucoup de pays développés et ceux en voie de développement. Notre pays a été classé parmi les trente premiers pays, de par le monde, dans le domaine de la représentation de la femme au sein des assemblées élues. Et dans ce contexte, le prix « femmes aux Parlements » attribué  récemment à l’Algérie par le forum international des femmes parlementaires à Bruxelles, pour les efforts que fournit l’Algérie en matière de promotion du rôle de la femme et de  sa représentation aux assemblées élues, témoigne,  sans doute, des réalisations que la femme algériennes a capitalisées.     


L’Algérie a appliqué, avant terme, le programme des Objectifs du Millénaire de Beijing,  dont l’objectif  était d’atteindre le tiers des sièges au sein des parlements nationaux à travers le monde. Elle  est fière de  son élection récemment au  Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, le parlement a voté récemment des lois pour protéger la femme de toutes sortes  de violence et pression au sein de la famille ou à l'extérieur.


L’Algérie ne se contentera pas de ces acquis, de même que les pays que vous représentez à cette conférence internationale, les Nations Unies ainsi que les pays parties à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. L’Algérie œuvre, par ailleurs, à réaliser de nouveaux acquis en faveur de la femme ; ils viendront renforcer les précédents acquis politiques, économiques, sociaux et culturels et lutter contre toutes les formes de violence  et de harcèlement au sein et en dehors de la famille à travers l’introduction de procédures juridiques rigoureuses et dissuasives.


La participation de la femme aux côtés de l’homme sur la base de l’égalité dans les droits et les devoirs constitue l’une des garanties pour le progrès de la nation et de la prospérité de la société. Ce que nous semons aujourd’hui, nous le récolterons demain.  


 


PNUD Dans le monde

Vous êtes à PNUD Algérie 
Aller à PNUD Global

A

Afghanistan Afrique du sud Albanie Algérie Angola Arabie saoudite Argentine Arménie Azerbaïdjan

B

Bahreïn Bangladesh Barbade Bélarus Bélize Bénin Bhoutan Bolivie Bosnie-Herzégovine Botswana Brésil Bureau du Pacifique Burkina Faso Burundi

C

Cambodge Cameroun Cap-Vert Centrafrique (République centrafricaine) Chili Chine Chypre Colombie Comores Congo (République démocratique du) Congo (République du) Corée (République populaire démocratique de) Costa Rica Côte d'Ivoire Croatie Cuba

D

Djibouti

E

Egypte El Salvador Emirats arabes unis Equateur Erythrée Ethiopie

G

Gabon Gambie Géorgie Ghana Guatemala Guinée Guinée-Bissau Guinée équatoriale Guyane

H

Haïti Honduras

I

Ile Maurice et Seychelles Inde Indonésie Irak (République d') Iran

J

Jamaïque Jordanie

K

Kazakhstan Kenya Kirghizistan Kosovo (selon RCSNU 1244) Koweït

L

Laos Lesotho Liban Libéria Libye L’Ex-République yougoslave de Macédoine

M

Madagascar Malaisie Malawi Maldives Mali Maroc Mauritanie Mexique Moldova Mongolie Monténégro Mozambique Myanmar

N

Namibie Népal Nicaragua Niger Nigéria

O

Ouganda

P

Pakistan Panama Papouasie-Nouvelle-Guinée Paraguay Pérou Philippines Programme palestinien

R

République dominicaine Russie (Fédération de) Rwanda

S

Samoa São Tomé-et-Principe Sénégal Serbie Sierra Leone Somalie Soudan Soudan du Sud Sri Lanka Suriname Swaziland Syrie

T

Tadjikistan Tanzanie Tchad Thaïlande Timor-Leste Togo Trinité et Tobago Tunisie Turkménistan Turquie

U

Ukraine Uruguay Uzbekistan

V

Venezuela Viet Nam

Y

Yémen

Z

Zambie Zimbabwe