Participation effective et durable des femmes dans les assemblées élues - Des mesures spéciales temporaires sont nécessaires pour constituer une « masse critique » de femmes parlementaires arabes

11 déc. 2013

Le nombre, l’efficacité et la pérennité de la participation de la femme dans les assemblées élues sont les clés d’une représentation équilibrée des intérêts des citoyens.

Une représentation effective des femmes dans les principales institutions législatives et exécutives, dans le monde arabe, leur permettant d’influencer la prise de décisions politiques, reste encore tributaire de mesures transitoires et spécifiques, comme les différentes formes de quotas. C’est le consensus dégagé par les 450 participants et participantes de la conférence internationale des femmes élues, tenue les 10 et 11 décembre 2013, à Alger, sous let thème « pour une participation effective et durable des femmes dans les assemblées élues », et qui vient de prendre fin.

Cette conférence, tenue à l’invitation des deux chambres du parlement algérien, -l’Assemblée Nationale Populaire et le Conseil de la Nation- en collaboration avec le Ministère Algérien des Affaires Etrangères, le Programme de Nations Unies pour le Développement, PNUD, et l’Entité des Nations Unies pour l’autonomisation économique des femmes et l’égalité entre les sexes, ONU FEMMES, a permis d’étudier l’expérience algérienne, leader dans la région arabe, en matière de représentation de la femme dans les assemblées élues.

La conférence a permis aussi, d’élaborer des voies et moyens pour construire sur cette expérience, l’améliorer, mais aussi d’identifier les leçons dont peuvent bénéficier les autres pays de la région et du monde.

Les amendements apportés à la Constitution en 2008, et les reformes des lois sur les élections, ont permis d’accroitre la représentation des femmes à l’assemblée populaire nationale à 31,6% aux élections de 2012. Depuis l’Algérie est devenu le premier pays arabe à dépasser le seuil des 30% nécessaire, pour constituer une « masse critique » effective de parlementaires ; Ce qui a hissé l’Algérie à la 26ème place au niveau international après avoir été à la 122ème.
Le Président de l’APN, SEM Mohamed Larbi OULD KHALIFA a ainsi annoncé que « l’Algérie a atteint l’objectif de 30% de représentation féminine aux postes de décision, comme indiqué dans le plan d’action de Beijing, adopté en 1995, et cela avant les échéances prévues pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement ». 

Cristina AMARAL, coordinatrice du Système des Nations Unies et représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD, à Alger, a déclaré pour sa part, que lorsqu’il s’agit de la participation politique de la femme, les chiffres sont très importants. Elle a aussi ajouté que « la masse critique de 30% constitue un seuil minimal de représentation des femmes dans les centres de décision nécessaire pour dépasser le sentiment d’isolement qu’ont aujourd’hui les femmes dans ces institutions dominées encore par le genre masculin, et porter la voix des femmes et les faire participer dans les instances décisionnelles ; enfin leur permettre d’influencer les principales législations dans un sens qui tient compte de l’équité entre les sexes ».

Mme Sameera AL TUWAIJARI, Directrice Régionale d’ONU FEMMES pour les Pays arabes, a pour sa part déclaré que « l’Algérie à développé un mécanisme très efficace de quotas, en conformité avec ses engagements internationaux relatifs à la mise en œuvre de la Convention Internationale pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDAW ) » . Elle a aussi ajouté que « les mesures de discrimination positive, comme les quotas, visent à accélérer l’avènement d’une égalité effective entre les sexes, ce qui aura un impact réel autant sur la vie des femmes que des hommes ».

Les débats de la conférence ont dépassé les questions de chiffres pour aborder les problématiques d’efficacité et de pérennisation de l’expérience des femmes parlementaires.
L’efficacité de la pratique parlementaire féminine nécessite des mesures volontaristes pour les aider à surmonter une culture des institutions parlementaires à dominante encore très « masculine ». Il s’agit, en particulier, de faciliter un accès et une distribution équitable des responsabilités parlementaires sur la ligne hiérarchique verticale, une participation transversale aux commissions et une formation intensive aux procédures, opérations et tactiques parlementaires. Il s’agit aussi de fournir l’appui informationnel nécessaire à une prise de décision éclairée sur l’ensemble des questions d’intérêt pour les citoyens.

La pérennisation de la participation des femmes aux assemblées élues, nécessite encore la préservation des systèmes des quotas là où ils ont été mis en œuvre pour atteindre la masse critique, et leur préconisation là ou ils ne l’ont pas encore étés. Et cela tout en militant pour la mise en place de la parité. Les parlementaires actuelles ont la lourde responsabilité de démontrer, non seulement à leurs collègues masculins, mais aussi à l’ensemble de la masse des électeurs, leurs capacités de plaidoyer et de proposition de lois - allant dans le sens d’un changement positif- sur l’ensemble des questions de société, et dans l’intérêt de tous les citoyens.
Mme Sima BAHOUS, Assistant Secrétaire Générale, Directrice Régionale pour les Pays Arabes et Moyen Orient au PNUD, a déclaré sur ce sujet que « le jour viendra ou les citoyens iront aux urnes, pour élire à toutes les assemblées représentatives et pas seulement les parlements, des nombres égaux de femmes et d’hommes, parmi des candidats qualifiés, et je suis sure que ce jour est proche ».

A l’issue de la conférence, les participants ont adopté la « Déclaration d’Alger sur la participation politique des femmes arabes » comprenant quatorze mesures opérationnelles jugées nécessaires pour renforcer et accroitre la participation politique des femmes dans la région du Maghreb et du Moyen Orient. La déclaration recommande des reformes constitutionnelles et légales pour garantir un accès équitable des femmes à l’activité politique, ainsi que l’adoption de mesures transitoires specifiques pour garantir une représentation plus importante des femmes dans les assemblée élues, la large sensibilisation à ce sujet et la lutte contre les stéréotypes prévalant sur la participation politique des femmes.

De même que les participants ont appelé à la création d’un réseau effectif des parlementaires arabes aux niveaux national et régional, en vue de renforcer l’efficacité et la pérennité de la participation politique de la femme.

Ce réseau permettra aussi d’élaborer des stratégies et des plans d’action pour permettre la mise en œuvre des recommandations de la « déclaration d ‘Alger »

Contact

Farida Kebri, Associée à la Communication PNUD – farida.kebri@undp.org

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