Développement Local et Démocratie Participative dans 10 communes d'Algérie

16 janv. 2017

De gche à dte: M. Belkacem Belgaid, Rep. du MAE, M. le Représentant du MAE, M.Eric Overvest, Repr. Res.du PNUD et Coordonnateur résident du SNU, M. Ali Mokrane, Rep. du MAE, M. John O'Rourke, Chef de la Délégation de l'UE et M. le Rep. du Ministère de l'Intérieur . Crédit photo/pnud/Aglérie

Un nouveau projet de coopération entre le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, l’Union Européenne (UE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) touchant plusieurs wilayas d’Algérie a été lancé lundi 16 janvier 2017 à Alger.

Ce projet intitulé «Programme de renforcement des acteurs de développement local /communes modèles (CapDEL) », d’un budget total de 11.702.000 USD, est  financé en grande partie par l’Union Européenne à hauteur de 8 532 000 USD, par le Gouvernement algérien à  hauteur 2 970 000 USD et par le PNUD à 200 000 USD. Ce vaste projet couvrant plusieurs wilayas à travers le territoire national, aura pour objectif de d’amener une plus grande participation citoyenne dans le développement local en impliquant les acteurs locaux ; de moderniser le service public administratif au niveau des communes ; de renforcer aussi l’économie locale à travers une planification stratégique communale, en vue de créer des emplois et des revenus durables ; et également, le projet interviendra dans la gestion des risques et catastrophes à travers des approches innovantes et participatives.

Lors de la cérémonie de lancement, le représentant du Ministère des Affaires étrangères (MAE), s'est félicité de la primauté de ce projet « le premier du genre dans la région », permettant « une coopération triangulaire » entre les trois partenaires avec « une approche inclusive en matière de développement local », un échange d'expériences et d'expertises visant à rapprocher « l'administré de son administration ». Il a également relevé l'importance des attentes en la matière ainsi que les défis en commun auxquels font face les deux parties. 

De son côté, le Chef de la Délégation de l’UE en Algérie, Monsieur John O’Rourke, a déclaré que «  ce nouveau projet permettra aux élus locaux bénéficiaires  d’une autonomisation et une responsabilisation dans l’exercice de leurs prérogatives, en bénéficiant de l’expérience des pays européens en la matière, même si celles-ci ne peuvent pas être totalement transposables  dans le contexte algérien. »

Les différentes expériences menées dans le vieux continent ont démontré qu’une gestion des problèmes « du sommet à la base  ne peut pas à elle seule résoudre les préoccupations des citoyens, d’où la nécessité d’une plus grande implication des différents acteurs locaux » a-t-il clarifié.

La démarche préconisée, à travers, le projet en question est celle qui fait des élus locaux des « acteurs » du développement local, ces derniers ne devant pas être « seulement un réceptacle de l’aide de l’Etat », a-t-il conclu.

Le Représentant Résident du PNUD et Coordonnateur résident du Système des Nations Unies  en Algérie, Monsieur Eric Overset, a pour sa part expliqué que ce nouveau projet vise à « asseoir les bases d’une gouvernance communale concertée, transparente et attentive aux besoins des citoyens et d’un développement humain local intégré ». 

Plus concrètement, a-t-il détaillé, il s’agit notamment de « réduire les disparités régionales et sociales, de promouvoir la solidarité nationale, de rapprocher le service public des citoyens à travers une administration moderne et enfin, d’impliquer les citoyens et leurs représentants dans la gestion des affaires publiques ».

A travers le programme "CapDel", le PNUD "soutient la volonté du Gouvernement Algérien à asseoir une stratégie nationale de développement local et à renforcer la démocratie participative", a-t-il poursuivi, notant que le projet constitue également "un réceptacle des bonnes pratiques et synergies identifiées" dans d’autres programmes, inscrits dans le cadre des Objectifs du Développement Durable (ODD).

Les 10 communes où sera implanté le projet se trouvent dans les régions du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest et des Hauts plateaux, ces communes ont été sélectionnées selon des critères de typologie et de spécificités géographiques, démographiques, culturelles, sociales, économiques et écologiques, avant que ce projet ne soit élargi au niveau national.

Les 10 communes sont: Ghazaouet (Tlemcen) ; Ouel Ben Abdelkader (Chlef) ; Tigzirt (Tizi Ouzou) ; Timimoun (Adrar) ; Djanet (Illizi) ; Djemila (Sétif) ; El Khroub (Constantine) ; Beni Maaouche (Bejaia) ; Babar (Khenchla) ; Messaad (Djelfa).

Les présidents des Assemblées Populaires Communales (APC) des communes modèles concernées, les présidents des Assemblées Populaires Wilayales (APW) et les Directeurs de l’Administration locale des Wilayas dont relève administrativement ces communes étaient présents à cette cérémonie ainsi que des enseignants, chercheurs universitaires, étudiants de l’école nationale d’administration (ENA) et des experts liés aux thématiques du projet.

Des présentations sur le projet ont été projetées après la cérémonie de lancement ainsi qu’une séance de questions réponses.