Dans le sillage de l’Agenda de développement post 2015 - Le Développement Humain, Concept et Indices en débat

10 juin 2014

Le symposium international de haut niveau portant sur le développement humain et la société de bien être à l’aune de l’agenda post 2015, organisé conjointement par le Conseil National Economique et Social (CNES) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a ouvert ses travaux, ce lundi 9 juin 2014, au Palais des Nations, à Alger.


La cérémonie d’ouverture, dirigée par le Président du CNES, M. Mohamed Seghir Babès et la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies en Algérie, Mme Cristina Amaral, a été rehaussée par la présence de plusieurs invités d’honneurs. Parmi ces invités, se trouvaient le Président du Conseil Economique et Social Européen, M. Henri Malosse, la Présidente en exercice de l’Union des Conseils Economiques et Sociaux d’Afrique, la Présidente du Conseil Economique et Social du Sénégal, Mme Aminata Tall, les Présidents et Représentants des Conseils Economiques et Sociaux du Niger, de la Mauritanie et du Maroc, les Coordonnateurs résidents et Représentants résidents des bureaux pays du PNUD, les experts de développement humain du PNUD, du bureau arabe et des autres agences des Nations Unies ainsi que la participation de Directeurs Généraux, représentants sectoriels du Gouvernement algérien, et experts de renommée nationale et internationale.


Dans son discours d’ouverture, le Président du CNES, M. Babès n’a pas manqué de rappeler que « l’Algérie est très profondément engagée dans le processus de l’agenda post-2015 ». Il rappele que la tenue de ce symposium intervient à quelques mois seulement de la prochaine session de l’Assemblée Générale qui doit avoir lieu en septembre de l’année en cours, durant laquelle il est attendu la définition des priorités du nouveau cycle du développement dans le cadre de l’agenda post 2015. Il annoncera à l’occasion, la mise en place à Alger, dans les prochains mois,de l’Institut de développement durable en partenariat avec l’Université des Nations Unies.


De son côté, la représentante résidente du PNUD, Mme Amaral, dans son allocution d’ouverture a tenu à reprendre une déclaration de Amartya Sen, Professeur d'économie de l’Université d’Harvard et lauréat du prix Nobel d'économie en 1998 : « …le développement humain, en tant qu'approche, repose sur ce que je tiens pour être l'idée fondamentale du développement: à savoir, faire progresser la richesse de la vie humaine, plutôt que la richesse de l'économie dans laquelle les êtres humains vivent, ce qui n'en représente qu'une partie", et a  rappelé à l’assistance que le PNUD s’est inspiré de la philosophie de Amartya Sen dans ce domaine.


Ce concept de développent humain, dira-t-elle encore, est une des contributions jalon du PNUD qui a permis non seulement de repenser l’approche philosophique mais aussi l’approche pratique sur les enjeux du développement basées sur le bien-être et l’équité dans la répartition des richesses.


Elle est revenue dans son allocution sur les consultations nationales menées durant l’année 2013 permettant de déterminer la perception de la population algérienne sur le « bien-être » et de manière participative les focus groupes ont mis en évidence sept (7) priorités et trois groupes cibles. Les priorités sont respectivement : l’emploi, le logement, la bonne gouvernance et l’état de droit, la paix et la sécurité, l’éducation, la santé et l’accès aux soins ainsi que la cohésion sociale. S’agissant des groupes cibles, les algériens consultés ont insisté sur l’importance d’impliquer les jeunes, les femmes et la société civile dans la définition des politiques publiques.

Dans son message adressé à l'ouverture des travaux du symposium et lu par M. Ahmed Djoghlaf, M. Ramtane Lamamra, Ministre des Affaires Etrangères a présenté les résultats de la rencontre qui s'est tenue à Alger, le 29 mai 2014, en présence des Ministres des Affaires Etrangères des Pays Non Alignés, sur la Position Commune Africaine sur les objectifs de développement post-2015 ainsi que des Chefs d'agence du Secrétariat d'Appui Conjoint. Il a aussi annoncé la tenue à Alger de la première réunion ministérielle du Comité Conjoint de Coordination (CCC) entre les pays non alignés et le Groupe des 77 et la présentation des travaux du Symposium d'Alger sur le développement humain et la société de bien-être lors de la deuxième réunion ministérielle dudit comité prévue à New York en septembre 2015.


Les nombreux participants au symposium ont eu à confronter deux jours durant, leurs visions et perceptions, sur les questions relatives aux « opportunités et défis du développement humain posés par l’agenda Post 2015 » ainsi que les « impératifs d’approfondissement du concept de développement humain et sa mesure» Ils ont mis l’accent sur l’importance d’intégrer dans le concept la dimension de durabilité et d’équité.


Les regards croisés et les échanges partagés ont été instructifs d’autant plus que les représentants des pays n’ont pas manqué d’apporter des éclairages sur les instruments développés dans leurs pays respectifs avant de laisser le champs aux experts pour présenter les meilleures pratiques, les outils développés et les pistes méthodologiques à explorer.


Une déclaration finale comportant les conclusions de ce symposium a été soumise à l’approbation des participants. Cette déclaration préconise essentiellement l’opportunité de renouveler la conception du développement humain, et partant de là, parvenir à une plus grande synergie entre les parties prenantes sur les objectifs et l’évaluation du développement humain, tant au plan national qu’international, le tout dans une perspective de transmutation des OMD en ODD dans l’agenda post-2015.


A ce titre, les participants :
- soutiennent la nécessité de tirer les enseignements et de capitaliser sur l’expérience des Objectifs du Millénaire pour le Développement menés durant les 15 dernières années ;
- appellent les Etats à jouer pleinement leur rôle de leadership et de coordination de développement humain, équitable et durable ;
- réaffirment la nécessité de bâtir le nouveau cadre en projet autour d’un système de bonne gouvernance plus performant, adossé, notamment, au respect des droits de l’homme et des droits fondamentaux des femmes et des filles ;
- reconnaissent la nécessité d’évoluer vers un développement durable inclusif, porté sur le bien-être et éliminant les causes structurelles des inégalités et des iniquités dans toutes leurs formes (intergendorielle – intergénérationnelle – inter catégorielle – interterritoriale), s’appuyant sur une croissance de qualité ;
- appuient l’impératif de privilégier une solidarité régionale, continentale et internationale co-responsable mais différenciée ;
- appellent à consolider le rôle de la société civile organisée dans le processus de développement humain et sa participation effective à l’élaboration des principes et la prise de décision mondiale ;
- rappellent l’importance d’accorder plus d’attention à la question des changements climatiques et leur impact sur l’environnement et les économies des pays ainsi que la sécurité.
- soutiennent la nécessité de continuer à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Documents associés
  • Intervention de Mme Nathalie Milbach Bouché - Le Développement Humain et l’Agenda « émergent » pour l’Après 2015: Enjeux, Défis et Opportunités Français