L'Apiculture pour préserver les Zones Humides d'Algérie

Des bénéficiaires pendant leur initiation à l'Apiculture
Des bénéficiaires pendant leur initiation à l'Apicultur. Photo: PNUD/Algérie

De tous temps, les habitants de la région de Guerbes Sanhadja, à l’est de l’Algérie, ont vécu de l’agriculture, en faisant parfois fi des règles et lois en vigueur pour préserver le fragile équilibre d’un écosystème unique. Avec une superficie de 42 100 hectares et 40 millions de m3 de réserve hydrique dans ses lacs et ses mares, la zone humide de Guerbes Sanhadja est classée depuis 2001 à la convention de RAMSAR comme site d’importance internationale.

Chaque année Hamid, cultivateur de pastèques depuis plus de 10 ans à Benazzouz, au cœur de la zone humide, délimitait un terrain, défrichait la terre, pompait l’eau pour irriguer, et, une fois la saison de récolte passée, choisissait un autre terrain, celui de l’année devenu incultivable.

Ce type de pratiques menait à une dégradation des sols souvent irréversible.

Pour préserver la région et apporter une alternative économique aux populations locales, le PNUD, en collaboration avec le World Wildlife Fund (WWF) et le Ministère de l’Agriculture, du développement Rural et de la Pêche, a lancé un projet de gestion intégrée des zones humides de Guerbès. En plus de d’élaborer un plan de gestion rationnel et durable des ressources, le projet prévoit l’aménagement d’un centre d’éducation et de formation, et la mise en place d’un système de suivi-évaluation de la biodiversité.

Pour que les populations soient engagées dans cette nouvelle approche, la Direction Générale des Forêts a lancé une vaste campagne de sensibilisation à travers les différents villages de la région. 

Une des activités du projet concerne la promotion et la valorisation de la production apicole pour diversifier les revenus des agriculteurs de la région. En effet, la région est non seulement riche en chêne-liège, dont l’écorce permet de construire des ruches artisanales, mais aussi en fleurs et plantes locales produisent un miel de haute qualité.

A retenir

  • Avec une superficie de 42 100 hectares et40 millions de m3 d’eau dans des lacs et des mares, la zone de Guerbes Sanhadja est classée Site Ramsar depuis 2001. Elle est composée de 23 agglomérations de plus de 10 000 habitants répartis sur 3 communes.
  • Une dizaine de jeunes au chômage ont reçu des ruches modernes, l’outillage approprié et des formations pour se lancer.
  • La zone de Guerbes Sanhadja peut contenir jusqu’à 3 000 ruches. Une ruche moderne produit 30/litres par an alors que la ruche traditionnelle ne produit que 2 à 3 litres

Une dizaine de jeunes au chômage, dont Hamid, ont ainsi reçu des ruches modernes et l’outillage approprié, en plus de sessions de formations allant de l’initiation à l’apiculture, l’entretien des ruches, à la connaissance des plantes de la région, l’essaimage et à la récolte. 

 « L’agriculture a été notre mode de vie depuis des générations, c’était angoissant pour nous lorsqu’on nous a déconseillé toute récolte et agriculture sur les zones humides », dit Hamid. « Mais une fois que j’ai découvert l’apiculture, c’est devenu un réel plaisir : cela me permet de nourrir ma famille et de découvrir un nouveau monde, celui des abeilles et du bon miel. Mon objectif est de créer une coopérative et obtenir un label pour promouvoir le miel de la région. »

La zone de Guerbes Sanhadja peut contenir jusqu’à 3 000 ruches. Une ruche moderne produit jusqu’à 30 litres par an alors que la ruche traditionnelle ne produit que 2 à 3 litres, ce qui permet d’améliorer la production. « Un litre de miel frôle les 3 à 4000 dinars », explique M. Dridah, apiculteur formateur. « L’apiculture est un véritable trésor ici. »

Un Centre d’Education Environnemental et de Sensibilisation permettra aux élèves des écoles de la région et même au-delà (dans le cadre d'échanges inter-wilayas) de se familiariser avec l'environnement naturel qui est le leur et de mieux comprendre la complexité de son écosystème. Grâce à des activités scientifiques et ludiques, ils seront mieux à même de comprendre l'importance de la préservation durable de l’environnement.