Réduire l'extrême pauvreté et la faim

La question de la pauvreté a pris une dimension importante dans la société algérienne, suite au changement du système économique amorcé à la fin des années quatre vingt et à la crise multidimensionnelle qu’a vécue le pays au cours des années quatre vingt dix en particulier.
Les réformes mises en oeuvre, notamment celles relatives à la libéralisation des prix et à l’abandon du soutien généralisé des prix, le désengagement relatif de l’Etat de la sphère productive et l’ouverture de plus en plus prononcée de l’économie ont fragilisé les acquis sociaux obtenus auparavant.
Le phénomène de pauvreté, sous le double effet de l’augmentation substantielle du chômage et de la perte de pouvoir d’achat, est alors devenu plus apparent et plus préoccupant. Un doublement du ratio de pauvreté s’est produit entre 1988 et 1995. Pour contenir l’expansion du phénomène, l’Algérie a renforcé les politiques de développement menées à travers une stratégie de protection sociale qui, outre la préservation et la consolidation du système de sécurité sociale, s’appuie sur deux segments fondamentaux :

Création d’un ensemble de nouveaux dispositifs de protection sociale à destination de catégories particulières de population et des zones les plus défavorisées :

La Conférence nationale sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, organisée en octobre 2000, montra tout l’intérêt des pouvoirs publics à appréhender, au-delà des données monétaires, les aspects liés à des dimensions non matérielles, telles la fragilisation sociale, la marginalisation, l’exclusion et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Cette Conférence a permis l’adoption d’une stratégie nationale, fixant des buts à atteindre et mettant en place les mécanismes opératoires y afférents, s’inscrivant ainsi dans l’objectif premier du pacte du millénaire pour le développement. La lutte contre la pauvreté est intégrée dans une vaste stratégie de solidarité nationale avec une vision renouvelée de développement humain et de participation active des citoyens.

Pour relever ce défi, l’État Algérien déploie une politique à plusieurs paliers complémentaires identifiés comme suit :

• un effort soutenu de formation à tous les niveaux
• la promotion d’une croissance économique appréciable et continue pour dynamiser l’offre d’emplois
• la mise en place d’une série de dispositifs d’encouragement à l’insertion professionnelle et à la création d’emplois1.

C’est au niveau de ce troisième palier que se situe la création des emplois d’attente constitués par les dispositifs ci-après :

• Emplois salariés d’initiative locale (ESIL) ;
• Indemnité d’activité d’intérêt général (IAIG) ;
• Travaux d’utilité publique à haute intensité de main d’oeuvre (TUP- HIMO) ;
• Contrats de Pré Emploi (C.P.E) ;
• Le micro crédit ;
• Le dispositif de la micro entreprise (ANSEJCNAC);
• Mesures en faveur de certaines catégories de femmes, en matière d’apprentissage ;
• Formation des catégories particulières (Handicapés, personnes en milieu carcéral…)

Aide sociale de l’État

L’Allocation forfaitaire de solidarité
La prise en charge spécialisée en milieu institutionnel
Prise en charge des enfants assistés, des personnes âgées et des handicapées

Actions de Solidarité nationale :

Ces actions qui s’exercent envers les populations démunies s’articulent autour des axes suivants:

Solidarité scolaire (Octroi de trousseaux scolaires, Transport scolaire, Les cantines scolaires) ;
Opération Ramadhan : ouverture de restaurants au profit des familles démunies, des sans domicile fixe ainsi que par la livraison à domicile de couffins ou d’aides financières;
Solidarité en direction des sans domicile fixe ;
Aide au logement;
Financement de projets à caractère social et humanitaire.

DEFIS ET ENJEUX

Les progrès réalisés au cours des dernières années en termes de réduction de la pauvreté monétaire générale et de quasi éradication de la pauvreté extrême doivent être consolidés et élargis.

Dans ce cadre, les défi s à relever sont :

L’éradication totale de la pauvreté extrême à court terme ;

La poursuite de l’effort de réduction des inégalités entre les couches de population et entre les régions. A cet effet, le programme complémentaire de soutien à la croissance 2005-2009 permettra la mobilisation d’importantes ressources orientées vers l’amélioration du niveau de vie et dont il faudra optimiser l’utilisation. Un progrès substantiel doit être, en particulier, réalisé dans l’identification des populations les plus pauvres et dans la mise en cohérence des nombreux programmes de lutte contre la pauvreté et dans leur efficacité;

La sauvegarde et la promotion de la solidarité sociale, démarche susceptible de favoriser une implication plus élargie de la population à la prise en charge du phénomène de pauvreté, à travers notamment le renforcement du partenariat avec la société civile (ONG, groupes d’intérêt) et le secteur privé ;

La prise en compte du caractère multidimensionnel de la pauvreté, en vue d’éviter toutes formes d’exclusion et de marginalisation.

RESSOURCES A MOBILISER

Sur le moyen terme, la volonté politique de progresser de façon significative dans le développement humain en général est adossée à une réservation de ressources budgétaires à la mesure des défi s présents et futurs.

Le développement économique attendu constituera cependant la source privilégiée d’amélioration de la situation socio économique des ménages.

Le recours à l’aide publique au développement, pour ce qu’elle offre comme assistance technique à la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation de projets de lutte contre la pauvreté ainsi que dans le renforcement des capacités nationales de maîtrise d’oeuvre et d’ouvrage des politiques sociales, reste une voie qu’il faudra exploiter au mieux.

CAPACITES DE SUIVI

Les pouvoirs publics ont toujours accordé le plus grand intérêt à la connaissance du phénomène de pauvreté, en particulier au cours de ces dernières années. Cela ressort notamment, de la multiplication d’études et enquêtes socio-économiques consacrées au sujet (études et monographies à la base des programmes spéciaux de développement des différentes régions du pays, plans et programmes de développement, enquêtes démographiques, enquêtes de consommation de 1968, 1988 et 2000, enquête sur le niveau de vie en 1995, actualisation de la carte nationale de la pauvreté initiée avec le concours du PNUD, etc.).

De même, un renforcement des capacités institutionnelles d’études s’est opéré, à travers notamment ;

la mise en place d’un observatoire de l’emploi et de la pauvreté auprès du Ministère de l’Emploi et la Solidarité Nationale ;

la formation de cadres de différents organismes et Administrations sur les techniques les plus avancées de mesures et d’analyses de la pauvreté.